Du pur Macron

Et voilà.

L’interdiction du portable à l’école? Done. (pour la moralisation de la vie politique, on va attendre un peu — y’a Alexandre qui a merdé)Cette mesurette – et la com qui l’accompagne – est exemplaire de la politique « autrement » de notre Président: l’interdiction des portables était déjà une réalité de fait dans la plupart des établissements; là où elle posait problème, ce n’est pas la loi qui manquait, mais les moyens.

Et surtout, elle nie absolument la réalité: si on veut que ces ordinateurs de poches surpuissants servent à autre chose qu’à partager des vidéos de harcèlement scolaire, et à s’envoyer des snapchats, il faut apprendre aux élèves à s’en servir, pas en nier la réalité en la cachant.Car en fait, que va-t-il se passer?

Dans les établissements “bien propres sur eux”, la majorité des élèves ont des smartphones, et la direction bienveillante fermera les yeux sur la prof de maths ou d’histoire qui utilise des applis géniales comme Plickers ou Matador en cours. Et les bahuts privés, bien sûr, n’auront aucun scrupule à utiliser intelligemment ces technologies. En revanche, les bahuts “compliqués” ont un outil répressif de plus à leur arsenal – un motif supplémentaire de mise à pied des trublions.

Notons au passage que – si je ne me trompe pas – mesdames et messieurs les personnels de direction sont priés de se démerder pour appliquer ça sans budget supplémentaire. Sans vouloir faire pleurer momone, les “boites à portables” à l’entrée des bahuts, que les journaux ne vont pas manquer de monter en épingle (“Coco, c’est parfait ça, c’est low-tech, pas cher, tu me fait 1 min au collège de Triffouillis les Verzouilles pour le 20h de Jean Pierre”) ça va être très compliqué dans la réalité, sans pions supplémentaires …

Une mesure démagogique donc, pratiquement inapplicable, qui prend les électeurs (qui par définition ne sont plus des élèves) pour des cons, qui permet au tenant du “c’était mieux avant” de se rengorger, et qui produit, encore un peu plus, une discrimination économique, tout en ignorant royalement la réalité du monde.

Du pur Macron, je vous dis.

Is coffee talk better than electronic conversations?

James Shelley ponders real life interactions vs social media. This brought a few thoughts in no particular order:

  • any discussion of “real life” over “social media” that happens electronically is … well … ironic, I guess.
  • real life conversation can also be meaningless. We’ve invented “small talk” for these awkward elevator moments, and we “like” it when our co-workers show us pictures of their new-born kids.
  • what’s more interesting to me is his point about blogging vs. “social media”. I agree that the current movement to take back control of the content of our online conversations is important. And it’s not only about _ownership_ of that content, its also (mostly?) about _subject matter_. We lack social constructs around electronic media and we’ve been suckered into the path of least resistance (liking pictures of our last meal). But for every _meaningful_ coffee-house conversation there a millions of inane ones. Face to face interaction is not inherently better, we simply have more practice at filtering out the chaff, and we have brilliant examples going all the way back to Socratic dialogs.
  • letter writing comes to mind as a better metaphor for what we’re trying to do as a society. Here is a medium that is used for advertisement, administrative communication, _keep in touch_ postcards from the beaches of Brittany. But take a look at letters of note and tell me again how letter writing can’t possibly be better than face to face conversation.

Finally, I’m surprised at how interesting this topic is to me, and frankly, it wouldn’t have come about without the very technological help of micro.blog, both for putting me in touch with James’ thoughts and for allowing blog to blog conversations!

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