dans choses auxquelles je pense, choses que je n'aime pas

Le monde s’effondre

Il est 6 heures du matin. Ce truc qui fait le tour du monde commence insidieusement à m’affecter. 

Finalement, ma vie est facile: mon seul boulot, c’est de rester à la maison, d’être là pour ma famille, et de continuer à bosser à distance. 

Mais il y a une fatigue à regarder le crash au ralenti des États-Unis, et celui, peut-être un peu moins sévère, de l’Europe. Je suis déjà fatigué de penser à l’APRÈS tout ça. Parce que je vois les réflexes: le renfermement, la xénophobie, la bêtise. Et les voix qui appellent à la raison, et peut être à un peu de changement et d’humanité, sont rares et disparates. 

Pourtant, parce que c’est facile pour moi, j’ai l’impression de ne pas avoir le droit de me laisser aller à cette angoisse, à cette peur. Après tout, c’est bien plus dur pour mon éboueur ou ma boulangère. Ils doivent bosser dehors, sans protection. Les femmes que je vois dans les rares trams qui passent, et dont le boulot et sans doute de nettoyer les chambres d’hôpital ; les infirmères, auxiliaires de soins, les docteurs aux urgences (et encore, j’habite dans une région peu touchée) – ces gens là ont le droit de sentir du chagrin et de l’anxiété. Moi – moins. Mon boulot et celui de ma femme sont à peu près garantis. Mes mômes n’ont pas de problèmes à l’école. 

Mais c’est peut-être bien ça le problème: j’ai beaucoup trop de temps sur les bras, et ça ne me laisse pas d’autre choix que de voir s’effondrer doucement ce monde que nous avons construit pour nous mêmes.

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