dans french, Uncategorized

Les plaisirs de l’enseignement

Quand ma famille et moi avons du mettre abruptement un terme à presque 10 années d’expatriation, nous avons eu la chance que ma femme trouve du travail relativement vite. Quand à moi, tout en cherchant un poste permanent, j’ai décidé d’enseigner les mathématiques au collège et au lycée.

En France aujourd’hui, l’enseignant n’est pas particulièrement bien vu: le stéréotype du gauchiste, gréviste, sur payé, prenant trop de vacances, constamment en rogne et complètement incompétent a la vie dure. La réalité, bien sur, est plus nuancée, mais cela explique que 5 à 15 pour cent des postes de maths doivent être remplis par des contractuels chaque année. Je n’ai donc eu aucun mal à trouver un poste, et j’en suis très heureux.

Bien sûr, les premiers jours furent rempli de terreur plus que de joie. Comment vais-je gérer 35 adolescents? Que savent-ils exactement? Vais-je les ennuyer, leur faire peur? Mais une fois ce premier écueil franchi, et avec l’installation d’une relation régulière avec mes classes, j’ai découvert des plaisirs inattendus.

Premièrement, la joie simple – et la fierté, de voir le “eurêka” dans les yeux des élèves. C’est une validation immédiate de l’effort, qui n’arrivent presque jamais dans l’ambiance étouffée du monde professionnel.

Deuxièmement, on créée – parfois involontairement – des liens forts avec certains élèves. Il y a quelques jours, une élève “mauvaise” m’a dit: “vous prenez le temps d’expliquer à tout le monde, vous ne m’avez pas fait passer pour une idiote. Merci”. Il m’a fallu quelques secondes pour répondre.

Enfin, le plaisir le plus inattendu est celui de trouver une nouvelle compréhension des notions. Richard Feynman disait à peu près: “si vous ne savez pas l’expliquer à un élève de première année, c’est que vous ne le comprenez pas vraiment”. À l’inverse, trouver de nouvelles manières d’expliquer quelque chose est un excellent moyen de mieux la comprendre. J’ai revisité avec plaisir les stats et la probabilité (après tout, élections obligent)

Pour être honnête, j’ai eu la chance d’avoir une principale et un adjointe formidable, ainsi que quelques collègues très gentils pour mon premier poste. Et puis, être un “outsider” au système est un moyen facile de construire une relation différente avec les élèves et d’amener un regard neuf dans la classe. Il y des problèmes fondamentaux dans le système éducatif qui demandent à être résolus d’urgence. Encourager les extérieurs comme moi à enseigner – même temporairement, serait un bon début.

Donc si vous êtes entre deux jobs, and si vous pensez que vous avez fait le tour des présentations aux boards, relevez le défi d’enseigner à une classe de 3ème!

Faites le. Vous me remercierez.

Comment

Commenter